Argumentaire sur l'électricité
d'origine éolienne
Association pour la Protection des Sites des Abers 26 janvier 2005
déclarée à la Sous-préfecture de Brest sous le N°
2030
Siège : Ty Va Bugale, Paluden, 29870 Lannilis
Secrétariat : 31, Place St. Ferdinand, 75017 Paris
1) La production d'électricité par des éoliennes est-elle
techniquement efficace ?
La production d'électricité est gouvernée par une caractéristique
originale : l'électricité est un bien qui ne se stocke pas. A
chaque instant la production doit s'ajuster à la consommation appelée
par les clients. Or, de ce point de vue, l'éolien a un défaut
majeur : il produit lorsqu'il y a du vent, suffisamment de vent mais pas trop,
et pas lorsque l'on a besoin d'électricité. Les éoliennes
produisent, environ, l'équivalent de 2500 heures à puissance nominale
par an, soit seulement 28,5% du temps.
Comme tous les produits industriels, les éoliennes obéissent à
la loi de Murphy. Cette loi est une version anglo-saxonne de la loi bien française
de la tartine de beurre.
Que dit-elle ? Ceci : si un produit industriel peut tomber en panne, il le fera
sûrement ; et il choisira pour ce faire le pire moment qui soit ! C'est
ce que nous avons constaté, pour les éoliennes, notamment en 2003.
Souvenons-nous de la période de grand froid du début janvier.
Une masse d'air froid anticyclonique était établie sur la France.
Un ciel clair maximisait le refroidissement nocturne par rayonnement. La situation
anticyclonique faisait qu'il n'y avait pas de vent et les éoliennes ne
produisaient pas, alors que la consommation établissait un niveau record
(plus de 80000 MW). Dans cette situation, pas du tout exceptionnelle, EDF n'aurait
pas disposé d'autres moyens de production qu'il eut fallu délester,
c'est à dire stopper la distribution d'électricité à
une partie de la clientèle (comment choisir, d'ailleurs, ceux à
qui on va couper le courant ? ou pire encore, connaître un effondrement
de réseau, situation que l'Italie expérimente régulièrement
et que la France a connu une fois, en 1978.
Les éoliennes ne peuvent, en conséquence, que venir doubler des
moyens obligatoires pour satisfaire la consommation avec sécurité
; elles n'exonèrent absolument pas de la réalisation de tous les
moyens nécessaires pour fiabiliser la production. Les investissements
éoliens ne sont, en définitive, que des doublons coûteux
pour le pays qui devra financer, d'une façon ou d'une autre, leurs coût
et fonctionnement, alors qu'ils sont inutiles du point de vue de la production.
On est dans la situation d'un particulier qui, exposant un besoin de transport
individuel, se verrait proposer de le résoudre par l'achat de deux voitures
: une qui ne fonctionne qu'un tiers du temps et une autre qu'il peut utiliser
tous les jours de l'année ! Qui achèterait cette première
voiture ?
Cette situation renvoie l'auteur à son métier : ingénieur
du Génie Maritime. Il note, avec malice, que la propulsion des navires
a été assurée jusqu'au début du siècle dernier
par le vent, énergie apparemment gratuite.
Mais dès qu'une énergie fiable, sûre, ne dépendant
pas des caprices de la nature, a été disponible en quantité,
les
navires ont abandonné rapidement la voile pour la vapeur puis le diesel.
Il s'étonne donc de cette orientation en
matière d'énergie électrique pour laquelle les impératifs
de fiabilité et sûreté sont encore plus forts.
Deuxième point sur l'inefficacité éolienne, leur occupation
de l'espace et du sol est très mauvaise. En densifiant les éoliennes
on arrive à produire 10 mégawatts (MW) au kilomètre carré,
soit 1 MW pour 10 hectares.
Une centrale thermique de 1500 MW occupe de l'ordre de 10 hectares. Cette dernière
fonctionnera environ 7900 heures par an, arrêts pour maintenance compris,
contre 2500 heures pour l'éolien. On a donc un rapport 4740 dans l'utilisation
du sol et de l'espace. Pour obtenir l'énergie annuelle produite par une
seule centrale thermique de
1500 MW, il faut couvrir d'éoliennes un carré de 21,8 kilomètres
de côté ; par 4740 éoliennes de puissance unitaire de 1
Mégawatt, par exemple !
On comprend alors facilement deux caractéristiques fondamentales de l'énergie
éolienne :
_ Elle ne sera jamais, pour tout pays industriel comme la France, qu'une
source d'appoint, incapable de satisfaire, pour une part significative, les
besoins du pays en électricité.
_ Son impact sur les paysages est considérable, environ 5000 fois
supérieure à celui des autres filières, et bien plus encore
si l'on tient compte de la hauteur de ces machines - 150 mètres pour
les plus grosses machines actuelles -.
2) " Pourtant les énergies renouvelables sont très intéressantes,
car gratuites " nous dit-on !
Malheureusement elles ne le sont pas pour EDF contrainte d'acheter
au prix fort le kilowattheure (kWh) éolien. L'arrêté du
8/6/01 a fixé le prix de rachat de base à 8,38 centimes d'euro
le kWh, alors que le coût de production d'EDF se situe à 3 centimes
d'euro, soit 2,8 fois moins.
On rappelle qu'EDF, après avoir produit l'électricité,
doit la faire parvenir au consommateur (d'où découlent les dépenses
de réalisation et d'entretien du réseau de distribution) puis
gérer et facturer l'ensemble de ses prestations (ce qui entraîne
d'autres dépenses) ; le tout amène le prix actuellement payé
par le client domestique de base à 7,65 centimes d'euro HT le kWh, soit
9,63 centimes d'euro en incluant la TVA et les taxes locales.
Qui paie ce surcoût au bout du compte ? Les consommateurs d'électricité
bien évidemment ! Ce surcoût, qui est transféré sur
le consommateur, est apparu dans le plus grand silence des médias, depuis
le 1/1/2003 sur nos factures d'électricité, sous la rubrique "autre
prestation", avec le titre "Contribution au service public de l'électricité".
Cette contribution se traduit, actuellement, par une taxe de 0,45 centimes d'euros
HT par kilowattheure, soit d'ores et déjà une part de 5,88% du
prix du kilowattheure ! Tous les consommateurs paieront-ils ce surcoût
? Pas du tout ! C'était, apparemment, l'intention initiale du gouvernement.
Mais il a fallu tenir compte du fait que l'UNIDEN (le syndicat français
des gros consommateurs industriels d'électricité qui représentent
environ 40% de la consommation française d'électricité)
ayant porté l'affaire de cette contribution devant le Conseil d'État,
car il en contestait la légalité, un compromis est intervenu entre
ce syndicat et le gouvernement. L'UNIDEN a, alors, retiré sa plainte,
évitant ainsi au gouvernement des désaveux judiciaires publics
qui auraient eu,probablement, pour effet de conclure au caractère illégal
de cette taxe. Ce compromis fait que ces gros consommateurs ne supporteront
qu'une partie très réduite de la contribution au service public
de l'électricité (environ le dixième de ce que paiera un
consommateur domestique). De plus, les exportations ne sont pas assujetties
à cette contribution : c'est donc largeme nt plus de la moitié
de la production qui est concernée et exonérée. Ce sont
ainsi les seuls ménages qui vont payer le surcoût d'achat de la
production éolienne. Cette ligne de facturation va rapidement doubler,
puis tripler, au fur et à mesure que le plan éolien va monter
en puissance.
Par ailleurs, il résulte du fait que les éoliennes sont raccordées
au réseau général d'électricité, que leur
production n'a, pour valeur économique, que celle du combustible qu'elles
permettront d'économiser sur les autres moyens de production auxquels
les éoliennes viendront se substituer lorsque le vent souffle. C'est
de cette manière que la Commission de régulation de l'énergie
(CRE) a effectué ses calculs de surcoût, dont personne, en particulier
l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME),
n'a contesté le principe : le surcoût de fonctionnement, pour le
pays, est donc la différence entre le prix de rachat aux producteurs
éoliens et la valeur du combustible économisé. En année
pleine, c'est à une production éolienne espérée
de 33 à 35 térawattheure (TWh) par an (source : ADEME) que ce
raisonnement s'applique. L'ADEME, compte tenu de la diversité des tarifs
d'achat, estime le surcoût annuel à 973
millions d'euros, que les ménages français vont devoir payer quasi
intégralement !
Les dépenses que la France va devoir supporter du fait du plan éolien
se limitent-elles à cela ? Malheureusement non ! Les investissements
éoliens ne sont, on l'a vu au paragraphe1, que des doublons coûteux
pour le pays. Le coût d'une éolienne d'une puissance de 1 mégawatt
s'estime à 1 million d'euros soit, pour les 10000 MW du plan éolien,
au minimum, 10 milliards d'euros ; ce chiffre devant être majoré
largement pour tenir compte du surcoût de la partie "off shore"
du programme. La France va donc, avant de devoir les amortir par le biais de
la contribution évoquée ci-dessus, stériliser, dans un
premier temps, sans nécessité et sans en retirer un quelconque
avantage, les 10 milliards d'euros nécessaires à la réalisation
du programme éolien. Notre pays peut-il se permettre, en ces temps
de difficulté budgétaire, de gaspiller ainsi de telles sommes
qui trouveraient, à l'évidence, mieux à s'employer dans
les domaines de la lutte contre le réchauffement climatique ou de la
recherche, par exemple ?
3) Mais, au moins, ce prix de rachat aux producteurs éoliens est-il
justifié ?
Pas selon l'avis de la CRE. Cette commission est l'institution qui régule
les accès au réseau ainsi que les
rapports entre les différents producteurs, EDF et producteurs nationaux
d'une part, producteurs étrangers d'autre
part, afin que tous puissent vendre de l'électricité aux consommateurs
français dans des conditions de concurrence
équitables. Elle a dénoncé ce tarif en déclarant
"qu'il permettait aux producteurs d'amortir leurs investissements au taux
minimum de 25% par an " (taux qui explique la ruée vers ce nouvel
Eldorado) "et constituait un moyen exagérément coûteux
pour la collectivité d'atteindre l'objectif de développement de
la filière que s'est fixé le gouvernement". Elle a émis,
en conséquence, un avis défavorable sur l'arrêté
du 8/6/01, avis qu'elle n'a été
autorisée à rendre public qu'après que le dit arrêté
ait été publié au journal officiel !
Que veut dire ce taux de 25% ? Il signifie que, si l'on dispose d'argent et
que l'on a le choix entre deux décisions : investir dans une éolienne
d'une part, placer de l'argent à la banque d'autre part, tant que le
banquier ne propose pas plus que 25% d'intérêt annuel, on a intérêt
à investir dans l'éolien ! Nous avons lu, notamment : dans le
journal Le Monde, des publicités ayant pour but de lever des fonds pour
réaliser des investissements éoliens et qui promettaient de tels
taux d'intérêt. C'est donc bien à ce niveau que se situent
les profits de l'éolien ; et le moindre des
qualificatifs que l'on peut leur associer est qu'ils sont abusifs et indûment
payés par les abonnésclients d'EDF. On est très
loin, ici, du taux offert par la Caisse d'Épargne à ses clients.
4) Néanmoins ce sont des directives européennes qui obligent
la France à investir dans l'éolien afin de lutter contre le
réchauffement climatique et, dans ce domaine, les éoliennes sont
très efficaces.
C'est ce que soulignent alors les partisans de l'éolien, parmi lesquels
on trouve le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), qui regroupe
les producteurs éoliens, ainsi que l'ADEME, qui comptent parmi les plus
chauds partisans de l'éolien. Ils rappellent systématiquement
"que la France s'est engagée, à la suite d'une directive
européenne sur les énergies renouvelables, à porter de
15 à 21% en 2010 la part des énergies renouvelables dans sa consommation
d'électricité". C'est exact. Mais ils omettent soigneusement
de préciser les circonstances qui ont conduit à cette situation
et qui l'éclairent d'une couleur singulièrement différente.
La Communauté Européenne d'une part, les pays qui la composent
de leur coté, ont signé les accords de Kyoto, en vue de traiter
un problème identifié : le réchauffement climatique dû
à l'émission de gaz à effet de serre. Elle a ensuite réparti
entre les états de la Communauté, par des objectifs contraignants,
l'objectif global de réduction, de 8% à l'horizon 2010, des émissions
de gaz à effet de serre qu'elle s'est engagée à réaliser.
Elle a choisi de le faire en pénalisant les pays les plus pollueurs parmi
lesquels figurent, en haut de classement, le Danemark et l'Allemagne, que SER
et ADEME donnent, pourtant, en modèle. La France, dont la situation exemplaire
de ce point de vue, a été reconnue à cette occasion, à
l'inverse de tous les autres états de la Communauté exceptés
l'Espagne et le Portugal, s'est vue simplement demander d'atteindre, en 2010,
la situation d'émission qu'elle connaissait en 1990 (on émet par
habitant et par an, en tonnes équivalent carbone, en France 1,8 T seulement
; au Danemark, Hollande et Belgique 3,3 T ; en Allemagne 2,9 T ; en Angleterre
2,5 T - année 1998 ;source : UNFCC, INED, CSE ). Tous les autres pays
de la Communauté se sont vus fixer d'importantes obligations de diminution
d'émission de gaz à effet de serre : Luxembourg 28%, Allemagne
et Danemark 21%, Autriche 13%, Grande Bretagne 12,5%
et la France 0%.
Dans un deuxième temps, la Communauté, ayant examiné l'objectif
de diminution des émissions de gaz à effet de serre, a jugé
adéquat, au plan général, de l'atteindre en recommandant,
pour moyen privilégié, l'augmentation à 21%, en 2010, de
la part des énergies renouvelables (sans aucunement indiquer que l'éolien
devait faire l'objet d'un choix préférentiel) dans la consommation
d'électricité de l'Europe. Les pays membres ont été
laissés libres de se déterminer par rapport à cet objectif,
qui reste indicatif et non pas contraignant à l'inverse du précédent.
Le pouvoir politique français du moment a choisi d'y adhérer,
bien que les directives européennes ne l'y obligeaient nullement, en
focalisant son action sur le seul éolien.
Il est facile alors, réfléchissant aux particularismes de la situation
française, de constater que le moyen recommandé par la Communauté,
s'il est pertinent pour tous les autres pays européens, ne l'est nullement
pour la France. En effet, ces pays génèrent massivement leur électricité
à partir, soit de mauvais lignite, soit de charbon - combustibles polluants
s'il en est - soit encore de gaz ou de pétrole - qui le sont un peu moins
- ; alors que la part de combustibles fossiles dans l'électricité
française est simplement de l'ordre de 6% (la répartition par
filière est, en France : nucléaire : 80% ; hydraulique : 14% ;
thermique fossile : 6%). Substituer de l'électricité éolie
nne, non
polluante, à exclusivement de l'électricité thermique fossile
qui l'est, est pleinement conforme à l'objectif de la Communauté
; substituer de l'éolien à du nucléaire et de l'hydraulique
qui ne sont pas émetteurs de gaz à effet de serre donne, par contre,
un résultat sans aucun effet réel sur cet objectif. Alors que
la production d'électricité est, pour tous les autres pays européens,
une des causes principales de production de gaz à effet de serre, ce
n'est nullement le cas en France. Le simple examen de cette situation aurait
dû conduire le ministre de l'écologie à s'attaquer, d'abord,
aux causes majoritaires d'émission de gaz à effet de serre en
France sur lesquelles il était le plus
facilement possible d'agir : les transports qui sont à l'origine de 21,3%
des émissions, puis le chauffage résidentiel tertiaire qui s'impute
pour 19,5%, (année 1999 ; source : Observatoire de l'Énergie)
en lançant des campagnes de remplacement des technologies en usage dans
ces deux domaines, par la meilleure technologie disponible. La division par
un facteur important des émissions de gaz à effet de serre dans
ces deux segments était alors accessible et un résultat décisif
quant à l'objectif poursuivi, facilement réalisable. Apparemment
l'idée n'est pas venue au ministre, en charge de l'écologie à
l'époque, d'effectuer ce constat évident, ni de lancer les actions
correspondantes qui ne le sont pas moins. On observe, par contre, que des agences
gouvernementales ont eu la rigueur de pensée et le courage de contredire
la volonté politique pour le moins originale, de l'époque, comme
l'a fait la CRE en appréciant le plan éolien pour ce qu'il est,
c'est à dire, sans résultat tangible quant à l'objectif
visé et désastreux pour le pays aux plans technique et financier.
Notons, également, que le rapport que l'Office Parlementaire d'Évaluation
des Choix Scientifiques et Technologiques a émis, sur "L'état
actuel et les perspectives techniques des énergies renouvelables",
concluait, sous la signature de son président, le député
socialiste de Meurthe et Moselle Jean-Yves Le Déaux (donc appartenant
à la majorité gouvernementale du moment), dans le même sens.
Un autre éclairage confirme ce qui précède. Les émissions
de gaz à effet de serre sont, en France, estimées à 120
millions de tonnes (MT) annuelles en équivalent carbone (année
1998 ; source : UNFCC, INED, CSE).
L'ADEME estime à, entre 3 et 6 MT, la masse d'équivalent carbone
dont l'émission sera évitée par le plan éolien.
En se fondant sur la valeur moyenne donnée par l'ADEME, soit 4,5 MT (bien
que ce chiffre soit contesté et considéré comme exagérément
élevé par d'autres experts), on arrive aisément à
la conclusion que le plan éolien, lorsqu'il sera réalisé,
amènera en France, une réduction des émissions de gaz à
effet de serre de 3,75% ! Or, c'est une division par deux des émissions
mondiales actuelles - réduction de 50% donc - que les experts du Groupe
international d'étude du climat (GIEC) estiment nécessaire à
la stabilisation du climat de la planète ; sans
parler de revenir aux concentrations de gaz à effet de serre qui existaient
dans l'atmosphère au début du 20 ème siècle, ce
qui exigerait des efforts bien plus grands. A l'évidence, le plan éolien
ne changera pas grand chose, pas plus sur le niveau des émissions françaises
qu'au problème que l'on ambitionne de traiter. Comment peut-on prétendre
alors que le problème soulevé - le réchauffement climatique
pour la part dont la France est responsable - aura été traité
à la hauteur de l'enjeu par le plan éolien ? Ce chiffre confirme
que le programme éolien est un coup d'épée
dans l'eau qui a été lancé, pour des motifs
autres que techniques .
Qui plus est, l'ADEME et le SER, ne manquent jamais de donner une information
biaisée sur cet aspect de la question. Ils soulignent régulièrement
que la France est en retard sur le Danemark et l'Allemagne dans le domaine de
l'éolien recommandé par la Communauté et également
en retard dans la réalisation des objectifs des accords de Kyoto. Il
serait plus conforme à la réalité de dire qu'elle est très
en avance sur tous les pays européens dans la réalisation de l'objectif
visé par la Communauté, puisque les émissions françaises
de gaz à effet de serre sont très largement inférieures
à celles des deux pays précités, en dépit de l'ampleur
de leur programme éolien ; qu'elle caracole en tête de toute l'Europe
pour le taux de production d'électricité d'origine renouvelable,
compte tenu de sa production hydraulique, et qu'elle est donc dans une situation
très avantageuse par rapport aux autres pays de la Communauté.
Car c'est la satisfaction de l'objectif qui importe - le niveau d'émission
de gaz à effet de serre en vue de traiter la question du réchauffement
climatique - et non pas le niveau atteint dans la réalisation du moyen
recommandé - la production éolienne -. Pour porter un avis autorisé
sur le plan éolien il suffit simplement de considérer les grandes
masses. D'un coté un investissement superfétatoire de 10 milliards
d'euros et un surcoût annuel de 0,973 milliard d'euros amenés par
le plan éolien ; du coté des résultats, une baisse escomptée
des émissions de gaz à effet de serre de la France de 3,75% :
un fiasco complet que l'ADEME, le SER et les écologistes
promeuvent pourtant de façon continue et que
le gouvernement n'ose, apparemment, pas interrompre.
5) Cependant la production d'électricité éolienne contribue
à diminuer les émissions de gaz à effet de serre françaises.?
Examinons cela de près car les éoliennes ont d'autres défauts
majeurs. En premier lieu, la production éolienne est affectée
d'une forte imprévisibilité : en dépit des progrès
réalisés en météorologie, on ne sait pas prévoir,
à l'échelle d'une portion de département, ne serait-ce
qu'une journée à l'avance, ce que sera précisément
la vitesse du vent. Or, pour des raisons théoriques, la puissance fournie
par une éolienne est proportionnelle au cube de la vitesse du vent -
une baisse de vitesse du vent de 20% conduira à une baisse de la puissance
fournie au réseau de 49% -. L'incertitude sur la production éolienne
oblige le responsable du réseau à maintenir en réserve
de
production, les centrales qui sont dotées d'une réactivité
correspondant aux contraintes imprévisibilité qui lui sont posées.
À cause des restrictions d'emploi dont sont assorties les autorisations
d'exploiter données à EDF par les autorités de sûreté
nucléaire, les centrales nucléaires ne sont pas autorisées
à fournir ces compensations, car on ne peut passer en quelques dizaines
de minutes une centrale nucléaire de la situation "arrêt chaud"
à la situation "production". Ces compensations ne peuvent être
fournies que par des centrales thermiques fossiles, qui seront maintenues en
plus grand nombre en production à moindre régime, donc avec un
faible rendement ce qui les fera produire d'autant plus de gaz à effet
de serre.
Par ailleurs, pour tous les moyens de production, il est possible de piloter
la puissance fournie par le générateur : il existe, comme sur
un moteur de voiture, l'équivalent d'un accélérateur qui
module instantanément la puissance fournie. Tel n'es pas le cas des éoliennes
! Certes, on peut, par le calage du pas des pales, piloter la puissance moyenne
fournie. Cependant l'inertie de ce système (l'hélice a une masse
d'une dizaine de tonnes) fait que l'on ne peut compenser les variations instantanées
de puissance dues aux rafales de vent, conséquences des turbulences,
lesquelles, on l'a vu ci-dessus, amènent à des variations énormes
de puissance fournie. Il faut donc que le réseau comprenne des moyens
de production capables de compenser ces irrégularités à
court terme : des centrales thermiques fossiles, seules capables de compenser
ces défauts, devront être maintenues en fonction plus qu'il n'aurait
été nécessaire.
La conséquence de ces points techniques est qu' il n'est absolument pas
garanti que la masse de gaz à effet de serre générée
par la production électrique française, après achèvement
du plan éolien, aura diminué des 3,75% annoncés, bien que
cette perspective soit déjà ridiculement basse !
6) Les dommages causés par les éoliennes à l'environnement
sont faibles.
Les éoliennes s'implantent là où le vent est fort, sur
les côtes littorales et sur les lignes de crête et pas où
elles seraient peu visibles. Leur hauteur est très élevée,
120 m pour un engin de 1 MW de puissance, 150 m - la moitié de la tour
Eiffel - et plus pour les plus gros. En conséquence leur impact sur le
paysage est toujours exceptionnellement important. Or, on constate que, dans
les régions favorables, les sites d'implantation se multiplient en situation
de covisibilité ; c'est notamment le cas pour
les côtes du Finistère Nord, les collines de l'Aude,
où les dégâts causés aux
paysages sont déjà énormes.
Les implantations d'éoliennes causent d'autres troubles très importants,
compte tenu de la densité de l'habitat et du réseau routier sur
bon nombre des lieux choisis : perturbations dans la réception des ondes
électromagnétiques (difficultés voire impossibilité
de recevoir la télévision et la modulation de fréquence
à proximité des sites concernés), bruits continus dans
l'environnement immédiat (paragraphe 7) et effets stroboscopiques générant
des troubles pour les personnes vivant à proximité, risques importants
pour la sécurité des personnes et des biens (paragraphe 8). Ces
questions font l'objet de plaintes répétées par les personnes
vivant à proximité des sites d'implantation. Elles sont, généralement,
irréparables.
7) Les éoliennes ne font pas de bruit?
C'est en partie vrai, en ce sens que, sur les derniers modèles sortis,
les multiplicateurs à engrenages qu'elles comprennent, qui étaient
très bruyants sur les premières générations d'éoliennes,
ont vu leur bruit se réduire notablement. Les derniers modèles
installés produiraient, à 300 mètres, un bruit de 45 dBA,
soit "un bruit inférieur à celui émis par un environnement
de bureau" font remarquer les fabricants. 45dBA c'est aussi le bruit généré
par un lave linge bien isolé de dernière génération.
Mais accepteriez-vous, sans protester, d'être contraint, pour
pouvoir dormir, de devoir le faire dans le bruit d'un environnement de bureau
ou à coté de votre lave linge en fonctionnement, ou encore toutes
fenêtres fermées, été comme hiver, après les
avoir remplacées par des fenêtres à double vitrage isolantes
phoniquement ? C'est pourtant ce que l'on demande de faire, sans protester,
à de nombreuses familles qui ont la chance insigne d'avoir une éolienne
dans leur environnement immédiat !
8) Les éoliennes sont fiables?
Lorsque cette question est abordée par les partisans de l'éolien,
le SER et l'ADEME notamment, seuls les éléments propres à
rassurer sont présentés. On indique que les plus grandes précautions
sont prises lors de l'étude puis de la fabrication des éoliennes
; "que les machines s'arrêtent automatiquement quand la vitesse du
vent dépasse 90 km/h ; qu'à l'arrêt, les éoliennes
sont conçues pour résister à des vents violents (250 km/h
pendant 5 secondes ou 180 km/h en permanence )".
On omet soigneusement, dans ces déclarations, un point capital : pour
qu'il en soit ainsi, il estindispensable que soient maintenues, d'une part l'hélice
en drapeau, d'autre part la nacelle face au vent . Ces manoeuvres nécessitent,
tout à la fois, que les mécanismes d'orientation de la nacelle
et de manoeuvre de pas d'hélice ne soient pas en avarie et que la liaison
avec le réseau électrique qui permettra l'alimentation des moteurs
électriques concernés ne soit pas interrompue. Nous ajoutons que
la commande de positionnement de la nacelle est naturellement instable : si
le moteur d'orientation cesse d'être alimenté, l'éolienne
se positionnera de façon telle que l'effort sur l'encastrement du fût
ne sera pas minimisé. La résistance au vent s'en trouvera très
largement amoindrie.
Or des situations, d'avarie sur ces mécanismes et/ou de perte du réseau,
sont susceptibles d'intervenir par forte tempête. Des coupures de réseau
interviennent chaque année à la suite de chute de branches ou
d'arbres sur les lignes électriques, plus particulièrement dans
ces mêmes circonstances.
L'ADEME abordant, lors de sa conférence de presse du 6 avril 2004, les
accidents majeurs récents, survenus en France, a cherché à
les minimiser. Il s'agit pourtant d'effondrements d'éoliennes en rotation
ou de projection à longue distance d'éléments de pales
suite à ruptures, survenus par tempête. L'ADEME a étayé
sa démonstration sur des données statistiques provenant du suivi,
sur dix ans, d'un parc de 1912 éoliennes danoises, qui conduisent à
une"probabilité totale de destruction d'une éolienne de 0,00083
par an ". Le dossier de presse souligne ce chiffre comme étant extrêmement
bas. Il s'agit pourtant d'une probabilité unitaire d'accident par an,
donc applicable à chaque éolienne. Ceci étant, il est alors
rudimentaire, appliquant cette donnée d'expérience, de prévoir
statistiquement que la population de plus de 6700 éoliennes (10000 MW
de capacité de production divisés par une puissance unitaire moyenne
de 1,5 MW), dont la France sera équipée à l'achèvement
du plan éolien, conduira à 6700 x 0,00083 soit 5,56 destructions
d'éoliennes par an, en moyenne ! Apparemment cette prévision ne
trouble aucunement cette agence gouvernementale dont l'attention a pourtant
été attirée sur l'inconséquence de son analyse en
la matière. Comment devrait réagir une agence gouvernementale
en charge du transport aérien, par exemple, si on lui demandait d'approuver
la mise en service d'un parc de 6700 avions nouveaux, qui occasionnerait 5,56
crashs annuels en moyenne ? La désinformation du public par l'ADEME atteint
là un sommet qu'il est difficile d'égaler. Or, compte tenu de
la densité de l'habitat en France, on trouve toujours, à proximité
des éoliennes, des maisons d'habitation, des routes passantes. Des accidents
majeurs, qui entraîneront des pertes de vies humaines sont quasi certains.
Quels hurlements n'entendrait-on pas, par les partisans de l'éolien,
si des générateurs électriques d'un autre type, étaient
mis en service sans le moindre calcul de fiabilité et sûreté
prévisionnelles, comme c'est le cas ici !
Cet éclairage se trouve confirmé par le "Rapport sur la sécurité
des installations éoliennes " que vient de publier, à la
demande du ministre de l'industrie, le Conseil général des mines.
Des études américaines dont les auteurs font état, sans
les commenter, estiment à 0,15 morts par térawattheure produit
la mortalité de l'électricité éolienne ; ce taux,
appliqué à la production annuelle estimée du plan éolien
français, conduit à 5,15 morts, en moyenne, par an. L'auteur n'a
pas connaissance des statistiques des accidents du travail d'EDF. Il constate
cependant, qu'appliqué au seul secteur de la production d'électricité
de cette entreprise (490 TWh annuels), donc sans les activités réseau
et gestion, un tel taux de mortalité conduirait à 73 morts annuels
dans cette entreprise ! L'énormité de chiffre fait frémir.
Peut-on penser un seul instant que les personnels d'EDF accepteraient, sans
réagir, de payer un tel tribut à leur métier ? C'est pourtant
ce à quoi il semble que l'on demande de consentir, proportionnellement,
aux personnels de l'industrie éolienne mais aussi à ceux qui sont
contraints de vivre dans leur environnement. Ce qui serait inacceptable ici
serait donc acceptable là !
De plus, les auteurs reprennent d'autres résultats d'étude de
fiabilité qui constatent une "probabilité d'éjection
de pale de l'ordre de 0,005
par machine et par an " ; cette donnée
appliquée au parc éolien de 6700 machines conduit à 33
éjections de pales, en moyenne, par an !
Si l'on ajoute, à ce qui vient d'être mis en lumière, que
le rapport précité indique : "
la sécurité,
les spécifications techniques qui la concernent et plus généralement
le respect de la réglementation qui l'encadre ne semblent pas être
au centre des préoccupations des professionnels de l'éolien "
; " Certains (les professionnels de l'éolien) ignorent tout du sujet
(c'est à dire de la sécurité) , s'en désintéressent
totalement et déclarent s'en remettre à " une bonne assurance
" " ; ou encore "
la mission estime que le niveau d'implication
global actuel des professionnels de l'éolien dans la sécurité
est tout à fait insuffisant
"; et aussi
"La sécurité des éoliennes
ne semble pas avoir été non plus au centre des préoccupations
des Autorités publiques ", on se rend compte de l'incurie, tant
des professionnels de ce secteur, que des organismes à qui revient son
encadrement.
Il conviendrait de remédier rapidement et fortement à cette situation
car, des données simples le démontrent, des accidents majeurs
sont quasi certains en nombre important ; des accidents spectaculaires comportant
des morts d'hommes le sont également.
9) L'éolien représente une ressource financière appréciable
pour les communes rurales.
C'est vrai qu'il s'agit d'une ressource dont tout politique a rêvé
: de l'argent sans augmenter la pression fiscale sur ses administrés
; l'assurance d'être réélu. Mais combien d'emplois vont
se trouver dé truits dans le tourisme rural par le saccage des paysages
des régions touristiques par les éoliennes ? Quelle baisse de
fréquentation touristique la multiplication de ses champs d'éoliennes
va-t-elle entraîner en Finistère par exemple, département
que l'auteur connaît bien ? Quels sont les étrangers qui accepteront
de passer leurs vacances dans des contrées aux paysages massacrés
par ces engins ? Pas les Allemands ni les Danois en tout cas, qui nous disent
leur exaspération de se heurter partout, dans leur pays, à ces
machines et qui refusent d'aller là où les paysages ont été
détruits comme chez eux.
10) L'installation d'éoliennes va fournir des emplois précieux,
surtout dans des régions défavorisées?
La France n'a aucun fabricant d'éoliennes puissantes. La société
Vergnet n'est présente que sur le segment des machines de faible puissance
; elle n'est pas concernée par les grandes machines dont il est question
ici. Jeumont Industrie, qui a tenté de créer sa propre technologie,
semble avoir renoncé puisqu'il importe maintenant des machines allemandes
ou danoises. Toutes les grandes éoliennes qui s'installent maintenant
en France sont donc importées, notamment les parties à forte valeur
ajoutée : hélice, nacelle, générateur et régulation.
Seuls seront réalisées localement les travaux de génie
civil et de raccordement aux lignes électriques ; ce qui représente
à peine 10% du montant de l'investissement.
Toutes les grandes éoliennes installées en France sont donc d'origine
étrangère. C'est d'autant plus vrai que les industriels danois,
allemands et espagnols du secteur ont cherché d'autres débouchés
à leur production. Le plan éolien français représente,
pour eux, une opportunité fabuleuse. Pour mieux en profiter, ils ont
créé des sociétés de droit français, portant
un nom local, où sont mis en avant des porteurs de parts minoritaires
français, tandis que les actionnaires majoritaires qu'ils sont ne s'affichent
généralement pas. Ces entreprises, soit lèvent des fonds
sur le marché français des capitaux, soit utilisent leurs fonds
propres, afin d'investir dans des projets où ce sont des machines de
leur fabrication qui seront installées. Tel est le cas, par exemple,
de la Compagnie du Vent dont les actionnaires sont le Cabinet Germa de Toulouse
et Energia Hidraulica de Navarra. La Compagnie du Vent a installé et
équipé divers champs d'éoliennes de machines Gamesa Eolica,
le fabricant espagnol d'éoliennes.
Qui plus est, on l'a vu lors des travaux menés sur le site de Plouguin
(Finistère), les équipes de montage sont celles du fabricant,
qui viennent avec leurs matériels, leur grue de montage ; les plaques
interdisant aux passants de pénétrer sur le chantier étaient
même rédigées en langue allemande ! On le voit, il ne faut
pas attendre beaucoup de retombées sur l'activité locale lors
des travaux d'installation.
Il faut noter aussi que tous les sites éoliens sont télésurveillés
et télécommandés : une simple ligne téléphonique
suffit pour effectuer, à longue distance, les opérations de surveillance
et pilotage ; elles n'a uront rigoureusement aucun impact sur l'emploi local.
Dernier et pas le moindre, les profits exorbitants, payés par les abonnés
d'EDF, dont il a été question aux paragraphes 2 et 3 ci-dessus,
seront distribués aux actionnaires des sociétés maîtres
d'ouvrage et donc majoritairement à des intérêts étrangers.
Le plan éolien ressemble donc fort à une machine infernale
destinée à creuser nos déficits
commerciaux et à exporter, le plus légalement du monde, les bénéfices
réalisés lors de l'exploitation !
11) Le débat entre pro et antiéoliens est un débat écologistes
contre pronucléaires.
C'est inexact et réducteur. Sans
aucun doute les écologistes orthodoxes sont proéoliens, comme
ils sont antinucléaires. Mais toutes les questions qui sont posées,
toutes les remarques qui sont faites ci-dessus, ne renvoient aucunement au problème
du nucléaire. Nous posons la question : est-ce être pronucléaire
que de contester les mensonges assénés par les antinucléaires
sur l'éolien ? Est-ce de la tromperie que de qualifier de "fermes
éoliennes " ces installations industrielles qui n'ont rien d'agricole,
afin de leur donner une coloration bucolique qu'elles ne possèdent pas
du tout ?
D'ailleurs, sur ce terrain, les écologistes apparaissent étrangement
schizophrènes : ils veulent que les pays industriels, dont la France,
changent leurs comportements de consommation énergétique pour
résoudre la question fondamentale du réchauffement climatique.
Ils nous disent, avec raison, que la durée de vie du gaz carbonique dans
l'atmosphère est de 1000 ans et que donc, lorsque le climat sera déréglé,
il le restera au moins pendant 10 siècles parce que l'on n'aura aucun
moyen d'action pour le modifier . Cependant, d'un autre côté, ils
militent pour que la France sorte du nucléaire, ce qui amènerait,
par le remplacement des centrales de ce type par des centrales thermiques fossiles
- seule solution praticable - à multiplier par 1,6 les émissions
françaises de gaz à effet de serre et donc à empirer la
situation vis à vis de la question précédente ! Où
est la raison dans ce comportement complètement irrationnel ?
.
Conclusion
Les Associations de protection des paysages ne formulent aucune position de
principe concernant la production d'électricité par éolienne.
Elles acceptent, bien entendu, qu'une politique énergétique soit
mise en oeuvre pour l'intérêt supérieur du pays et, qu'en
conséquence, il soit porté atteinte à ce qui leur tient
particulièrement à coeur. Cependant elles y mettent deux conditions
: que les objectifs visés soient clairement affichés, et que les
décisions prises ainsi que les moyens utilisés soient cohérents
de ces objectifs. Or nous ne parvenons pas à appréhender, jusqu'à
présent, dans le plan éolien français, ni les objectifs,
ni la cohérence des moyens utilisés avec ce que d'aucuns présentent
comme étant cet objectif : aucune de nos questions, de nos interrogations,
ne reçoit une réponse satisfaisante ainsi qu'on l'a vu dans les
paragraphes ci-dessus. Et ce ne sont pas les propos, voire les écrits,
des responsables de certains services publics ou parapublics qui dissipent nos
interrogations en la matière.
De quelque façon que l'on examine le plan éolien
français, on ne trouve, qu'un résultat marginal dans le domaine
de la lutte contre le réchauffement climatique, aucune motivation à
caractère technique, aucun avantage financier. Ce n'est donc pas dans
ces domaines qu'il faut s'attendre à trouver les objectifs ou les motivations
de ceux qui l'ont lancé ou qui en maintiennent la réalisation.
On est alors conduit à se placer sur le seul plan politique. Effectivement,
apparaissent alors certaines cohérences :
_ A bout de réponse sensée, lorsqu'on leur a présenté
les arguments précédents, les partisans de l'éolien finissent
toujours par conclure : " vous faites partie du lobby nucléaire
". C'est l'argument définitif, dont on observera la valeur dialectique,
qui termine la discussion ! Nous en déduisons donc que ce n'est pas plus
pour produire de l'électricité que pour diminuer les émissions
de gaz à effet de serre que le gouvernement Jospin a lancé le
plan éolien français, mais plutôt pour tenter de diminuer
l'importance du parc de centrales nucléaires. Nous en
déduisons aussi, que ceux qui utilisent cet argument font partie du "lobby
éolien parce qu'antinucléaire ". Avec logique, nous sommes
amenés à penser que le plan éolien a été
lancé parce qu'il constitue une mesure emblématique qui, si elle
ne participe en rien à la lutte contre le réchauffement climatique,
réchauffe le coeur des militants écologistes, car elle se veut
une mesure de disqualification de l'énergie nucléaire par l'opinion.
_ Le gouvernement actuel connaît les insuffisances détaillées
ci-dessus. De plus, lorsque nous en parlons avec des responsables ou des ingénieurs
au fait de ces questions et appartenant à divers secteurs de l'industrie
électrique, ils reconnaissent tous les inconvénients techniques
du plan éolien et les pertes économiques énormes qu'il
entraîne. C'est seulement en a parte qu'ils nous disent, sans retenue,
que leurs directions, soumises à des contraintes, ont adopté une
position officielle comportant une grande part de langue de bois. Il est
permis de penser que le débat sur l'énergie qui a eu lieu en 2004
avait pour but principal de permettre le lancement du
programme du nouveau réacteur nucléaire EPR et que, comme
cette décision va à rebours de la pensée écologiste,
le plan éolien a été maintenu, tel un hochet, pour
calmer les ardeurs vertes sur cette décision.
Il est dommageable que l'état demande aux consommateurs
domestiques d'électricité et aux paysages de notre pays de payer
le coût énorme de ce hochet.
La position officielle sur le plan éolien doit être revue car il
n'apporte aucun avantage réel ou même significatif au pays, qui
soit en rapport avec son coût gigantesque ; ce peut être très
simplement fait, en revoyant à la baisse le prix
de rachat prévu par l'arrêté du 8/6/01.