Eoliennes : les associations tirent la sonnette d'alarme

Réunion publique le 21 janvier 2005 à 20h30
St Saturnin du bois
par l'association "Vent de Colère" en Pays d'Aunis

SUD OUEST :Lundi 24 janvier 2005:http://www.sudouest.com/310105/une.asp
L'association Vent de colère en Pays d'Aunis fédère de plus en plus

Débat constructif sur les éoliennes:Laurent Mousset
« Vent de colère en Pays d'Aunis » a organisé, vendredi soir, une soirée débat autour du projet d'implantation de dix éoliennes de 135 mètres de haut sur la commune de Saint-Saturnin-du-Bois. Une présentation sur écran faite en lien avec l'association poitevine Vent du Bocage a permis de mieux comprendre quels sont les enjeux réels, les contraintes et les méthodes employés par les promoteurs.
C'est face à une salle archi-comble que le débat démocratique s'est ouvert. Questions-réponses organisées par le président de Vent en Colère, Michel Broncard. Alors que certains dans la salle craignaient des débordements, de la véhémence, il n'en fut rien, l'argumentation présentée par l'Association fut précise et ouverte au débat. Manipulation et référendum. La population de Saint-Saturnin avait fait le déplacement avec à sa tête Mme le Maire, Marie-Pierre Brunet, et sa consoeur de Saint-Pierre-d'Amilly, Odette Durand. Interpellée à plusieurs reprises sur sa responsabilité face à ce projet, Marie-Pierre Brunet a répondu qu'elle avait été contactée par l'entreprise REE pour une étude sur sa commune et que ce projet a été validé par le Conseil municipal. Pour le reste, elle fait confiance aux services techniques de l'Etat pour trancher. « Nous avons été interpellés par quelques personnes de la commune pour la création d'un comité de suivi. J'ai donné mon accord et je suis garante de leur indépendance ». François-Xavier Pelletier est à l'initiative de ce comité. Il est journaliste, réalisateur de documentaire. Il se dit volontiers écologiste mais en ce qui concerne les éoliennes, il est sûr qu'elles ne sont pas rentables. « Tous les problèmes que vous avez abordés sont bien réels. Les conseillers municipaux ont été grugés par le promoteur. Je suis convaincu de la manipulation de Michaël Feldman (promoteur), Simoussais n'est pas le site idéal ».
Les habitants ont demandé un référendum; Mme Le Maire en a pris note et soumettra cette proposition à son Conseil municipal.
L'exemple de Saint-Crépin. Ce débat fut l'occasion de prendre conscience pour la population de la part énergétique mineure qu'apporte l'éolienne face aux autres productions. Les économies d'énergies ont été évoquées. Le comité de suivi estime que la commune devrait déjà imaginer un aménagement écologique de son futur lotissement en orientant par exemple les maisons face au soleil, en améliorant l'isolation et en installant un système de chauffage géothermique... 30 % d'économie.
L'expérience de Saint-Crépin confirme les craintes des futurs riverains des éoliennes. « Une majorité d'habitants de cette commune se plaint déjà du bruit notamment la nuit et alors que pour certains fenêtres et portes sont fermées », rapporte un habitant de Saint-Crépin. « Le plus paradoxal est que le ronflement et le sifflement de ces machines gênent plus les habitants éloignés du site (dans un rayon d'un kilomètre) que ceux vivant au pied des éoliennes. »
A ce jour, les membres de Vent en Colère attendent les résultats définitifs d'une enquête conjointement menée avec la mairie de Saint-Crépin. Le dépouillement a eu lieu mais M. Le Maire de Saint-Crépin ne tient pas à divulguer tous les résultats pour l'instant. Quelques chiffres transparaissent pourtant : 83 % de la population ont répondu dont 58 % se plaignent d'entendre les éoliennes, 1/3 des habitants estiment ce bruit insupportable.
« Trop proches des habitations » Récemment contacté par téléphone, Philippe Barittault, responsable de l'ADEME de Poitiers (en charge du développement des énergies renouvelables), estime que les éoliennes ne devraient pas être installées sans l'avis des populations. Il parle de « catastrophe à Saint-Crépin. Les éoliennes sont trop proches des populations, je regrette qu'il n'y ai pas le plan d'aménagement du territoire et de cadre juridique précis concernant l'implantation des éoliennes. Toutefois, la disposition du parc éolien est une réussite dans son intégration paysagère ».

Vent de Colère estime pour sa part que les éoliennes devraient être installées au minimum à 3 kilomètres des habitations.
Les craintes de Péré. Les personnes présentes de la commune de Péré ont évoqué eux aussi leur crainte. A Péré, l'enquête publique est favorable avec réserve qu'il n'y est pas plus de 3 Db d'émergence la nuit et 5 Db le jour après leur construction. A moins de 700 mètres des habitations et d'après l'étude de Saint-Crépin, Péré semble être un site idéal pour engendrer des nuisances, car les éoliennes seraient situées dans les vents dominants. « Un scandale », d'après Michel Broncard, « l'étude acoustique sera faite après construction ». Il a porté connaissance de son inquiétude à M. Le Préfet.
Alors que la Communauté de communes de Surgères s'est prononcée à une écrasante majorité pour un seul projet dans le can ton (Saint-Germain-de-Maren cennes), seul le maire de Péré soutient le projet de sa commune. Le dossier est sur le bureau du préfet qui tranchera prochainement sur l'octroi de ce permis de construire.

 

Extrait de l'HEBDO de la charente maritime
du 27 janvier 2005

 

 

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