|
L'association Vent de colère
en Pays d'Aunis fédère de plus en plus
Débat constructif sur les éoliennes:Laurent
Mousset
« Vent de colère en Pays d'Aunis »
a organisé, vendredi soir, une soirée
débat autour du projet d'implantation de dix
éoliennes de 135 mètres de haut sur la
commune de Saint-Saturnin-du-Bois. Une présentation
sur écran faite en lien avec l'association poitevine
Vent du Bocage a permis de mieux comprendre quels sont
les enjeux réels, les contraintes et les méthodes
employés par les promoteurs.
C'est face à une salle archi-comble que le débat
démocratique s'est ouvert. Questions-réponses
organisées par le président de Vent en
Colère, Michel Broncard. Alors que certains dans
la salle craignaient des débordements, de la
véhémence, il n'en fut rien, l'argumentation
présentée par l'Association fut précise
et ouverte au débat. Manipulation et référendum.
La population de Saint-Saturnin avait fait le déplacement
avec à sa tête Mme le Maire, Marie-Pierre
Brunet, et sa consoeur de Saint-Pierre-d'Amilly, Odette
Durand. Interpellée à plusieurs reprises
sur sa responsabilité face à ce projet,
Marie-Pierre Brunet a répondu qu'elle avait été
contactée par l'entreprise REE pour une étude
sur sa commune et que ce projet a été
validé par le Conseil municipal. Pour le reste,
elle fait confiance aux services techniques de l'Etat
pour trancher. « Nous avons été
interpellés par quelques personnes de la commune
pour la création d'un comité de suivi.
J'ai donné mon accord et je suis garante de leur
indépendance ». François-Xavier
Pelletier est à l'initiative de ce comité.
Il est journaliste, réalisateur de documentaire.
Il se dit volontiers écologiste mais en ce qui
concerne les éoliennes, il est sûr qu'elles
ne sont pas rentables. « Tous les problèmes
que vous avez abordés sont bien réels.
Les conseillers municipaux ont été grugés
par le promoteur. Je suis convaincu de la manipulation
de Michaël Feldman (promoteur), Simoussais n'est
pas le site idéal ».
Les habitants ont demandé un référendum;
Mme Le Maire en a pris note et soumettra cette proposition
à son Conseil municipal.
L'exemple de Saint-Crépin. Ce débat fut
l'occasion de prendre conscience pour la population
de la part énergétique mineure qu'apporte
l'éolienne face aux autres productions. Les économies
d'énergies ont été évoquées.
Le comité de suivi estime que la commune devrait
déjà imaginer un aménagement écologique
de son futur lotissement en orientant par exemple les
maisons face au soleil, en améliorant l'isolation
et en installant un système de chauffage géothermique...
30 % d'économie.
L'expérience de Saint-Crépin confirme
les craintes des futurs riverains des éoliennes.
« Une majorité d'habitants de cette commune
se plaint déjà du bruit notamment la nuit
et alors que pour certains fenêtres et portes
sont fermées », rapporte un habitant de
Saint-Crépin. « Le plus paradoxal est que
le ronflement et le sifflement de ces machines gênent
plus les habitants éloignés du site (dans
un rayon d'un kilomètre) que ceux vivant au pied
des éoliennes. »
A ce jour, les membres de Vent en Colère attendent
les résultats définitifs d'une enquête
conjointement menée avec la mairie de Saint-Crépin.
Le dépouillement a eu lieu mais M. Le Maire de
Saint-Crépin ne tient pas à divulguer
tous les résultats pour l'instant. Quelques chiffres
transparaissent pourtant : 83 % de la population ont
répondu dont 58 % se plaignent d'entendre les
éoliennes, 1/3 des habitants estiment ce bruit
insupportable.
« Trop proches des habitations » Récemment
contacté par téléphone, Philippe
Barittault, responsable de l'ADEME de Poitiers (en charge
du développement des énergies renouvelables),
estime que les éoliennes ne devraient pas être
installées sans l'avis des populations. Il parle
de « catastrophe à Saint-Crépin.
Les éoliennes sont trop proches des populations,
je regrette qu'il n'y ai pas le plan d'aménagement
du territoire et de cadre juridique précis concernant
l'implantation des éoliennes. Toutefois, la disposition
du parc éolien est une réussite dans son
intégration paysagère ».
Vent de Colère estime pour sa part que les éoliennes
devraient être installées au minimum à
3 kilomètres des habitations.
Les craintes de Péré. Les personnes présentes
de la commune de Péré ont évoqué
eux aussi leur crainte. A Péré, l'enquête
publique est favorable avec réserve qu'il n'y
est pas plus de 3 Db d'émergence la nuit et 5
Db le jour après leur construction. A moins de
700 mètres des habitations et d'après
l'étude de Saint-Crépin, Péré
semble être un site idéal pour engendrer
des nuisances, car les éoliennes seraient situées
dans les vents dominants. « Un scandale »,
d'après Michel Broncard, « l'étude
acoustique sera faite après construction ».
Il a porté connaissance de son inquiétude
à M. Le Préfet.
Alors que la Communauté de communes de Surgères
s'est prononcée à une écrasante
majorité pour un seul projet dans le can ton
(Saint-Germain-de-Maren cennes), seul le maire de Péré
soutient le projet de sa commune. Le dossier est sur
le bureau du préfet qui tranchera prochainement
sur l'octroi de ce permis de construire.
|