Plateau d'Ally :
Des pales d'au moins deux éoliennes d'Ally présentent
un défaut de fabrication.
"Rien de grave" déclare le directeur de Boralex"
La rumeur s'est rapidement propagée sur le plateau d'Ally.
puis a dévalé les pentes pour finalement échouer
en plaine dans les oreilles de l'Effronté : le givre intense
de l'hiver dernier aurait provoqué l'apparition de micro-fissures
sur les trois quarts des machines !
Jointe au téléphone, la mairie d'Ally a immédiatement
démenti; certes, deux d'entre elles faisaient un peu de
bruit. un genre de grincement. Mais à part ça, les
éoliennes se portent comme des charmes. Il est vrai qu'on
les aime bien à la mairie, et insinuer qu'elles pourraient
connaître des problèmes suffit à mettre les
élus en rage.
Du côté de Boralex. on dément aussi. Aucune
micro-fissure due au givre. En revanche - pas de fumée
sans feu ni de grosses machines sans pépin - 11 éoliennes
ont bien été inspectées. Cela remonte à
la fin du moi d'avril.
Explication : le constructeur des pales, l'espagnol LM Glass Fiber,
a repéré un défaut de fabrication sur l'un
de ces produits en Allemagne et a donc décidé de
contrôler toutes les pales de la même série.
Or, 11 éoliennes d'Ally sont concernées. Et deux
d'entre elles au moins présentent le même défaut.
Arrêtées avant même d'être expertisées,
elles ne rebrasseront du vent qu'une fois réparées.
Les autres machines sont placées sous surveillance.
Pas d'affolement chez Boralex. Pour son directeur, Patrick Decostre,
"il s'agit uniquement de problèmes inhérents
à la phase de rodage." Le groupe canadien s'affole
d'autant moins que 1) ce défaut peut-être corrigé
sur place et 2) il est couvert par la garantie. Remboursement
à 100%, y compris sur les pertes de production.
On a dit également beaucoup de choses à propos de
cette production électrique, justement. Elle serait très
en dessous des résultats escomptés. Là encore
Boralex dément, mais avoue quand même qu'elle se
situe en dessous de la moyenne établie lors des mesures
de vent. Disons qu'elle est dans la moyenne basse. Le givre empêchant
la mise en route des éoliennes a joué là
un rôle non négligeable. Seuls les prochains hivers
diront si les machines peuvent apprivoiser de telles conditions
climatiques. Rappelons que le Massif Central est la région
européenne la plus exposée au givre, cela en raison
de l'air humide provenant de la Méditerranée.
Un dernier point, celui concernant la surveillance des éoliennes.
Elle se fait par informatique depuis Blendecques dans le Pas-de-Calais
où se trouve le siège de Boralex France. Mais le
pilotage (marche/arrêt), c'est l'affaire du centre de commande
de la Général Electric basé en Allemagne.
L'Europe n'arrête pas le progrès... !