AISNES

16 mai 2008
Laon Grandlup
Éoliennes : l'association alerte les élus locaux
Francis Bellier, membre de l'association « A contre vent »,
installé à Grandlup, parle
d'une forêt d'éoliennes.
Le Pays de la Serre projette la création de quatre zones d'éoliennes,
pour laquelle l'avis de 35 communes est nécessaire. Les opposants
ont décidé d'écrire à chacun des élus.
LES éoliennes n'en finissent pas de faire tourner le sang de
ses opposants.
La dernière mobilisation concerne la communauté de communes
du Pays de la Serre, qui a proposé
au préfet la création de quatre zones de développement
éolien.
À ce sujet, la Drire (Direction régionale de l'industrie,
de la recherche et de l'environnement) a adressé au maire de
trente-cinq communes limitrophes un dossier afin qu'il sollicite l'avis
du conseil.
« La petite astuce, c'est que si aucune décision n'est
envoyée au préfet avant le 31 mai, l'avis de la commune
sera considéré comme favorable », explique l'association
« A contre vent ».
Aussi l'association a-t-elle envoyé la semaine dernière
un courrier à chaque élu des conseils municipaux de ces
trente-cinq communes (365 lettres au total), agrémenté
de deux coupures de presse.
L'ancien président de la République, Valéry Giscard
d'Estaing, s'y dit horrifié par le paysage beauceron défiguré,
qu'il a un jour aperçu du train. Il parle, en outre, d'énergie
subventionnée : « L'électricité produite
est payée par le contribuable trois fois plus cher que le tarif
électricité de France et coûte une fois et demie
le prix de l'électricité nucléaire. S'ajoutent
à cela de substantiels avantages fiscaux pour les promoteurs.
»
Dans son courrier, l'association exhorte les élus à demander
la tenue d'un conseil municipal, avant le 31 mai, « pour s'opposer
à leurs projets en se prononçant contre ».
« Une fois accepté, c'est irréversible »
Les bénévoles insistent sur le fait que, selon eux, la
décision aura des conséquences sur leur cadre de vie et
sur celui de leurs administrés « pendant
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des dizaines d'années ».
Pour l'association, les zones de développement éolien
délimitent les territoires où seront construites les éoliennes.
« Une fois que ces ZDE sont acceptées, elles seront irréversibles
et on peut y faire ce que l'on veut, c'est-à-dire y construire
le nombre d'éoliennes que l'on veut, avec toutes les nuisances
qui leur sont attachées : bruit, pollution visuelle, perturbations
des réseaux de télévision et de TNT, baisse de
la valeur des habitations
Seule la capacité du réseau
EDF peut être un frein, mais cette capacité peut être
augmentée. »
L'association estime, tenant compte des sites acceptés d'Autremencourt
ou de Châtillons-les-Sons, que ce sont plus de 180
éoliennes dans un rayon de 20 km qui pourraient voir le jour
: « Une forêt d'éoliennes qui dénaturerait
complètement le paysage. »
« Territoire socialement résigné »
Elle parle encore des projets de Lislet ou
Dizy-le-Gros.
« Tout n'est pas décidé. Il faut agir maintenant.
Après, il sera trop tard. »
Les bénévoles rappellent que des projets comme à
Gizy ou Grandlup-et-Fay
ont été refusés en raison, notamment,
de la proximité de la butte de Laon, « espace géographique
emblématique », selon les termes de l'arrêté
préfectoral.
« Autremencourt n'est qu'à 18 km
Les promoteurs d'éoliennes
sont seulement animés par des raisons financières et méprisent
l'environnement. Ils achètent les agriculteurs, en leur versant
5 à 6.000 euros pour 20.000 mètres carrés. Ils
séduisent aussi les communes ou les communautés de communes
à qui ils promettent des recettes fiscales. Ils profitent d'un
territoire socialement résigné. »
Yann Le Blévec