Dernièrement, à Saint-Flour,
s'est tenu une réunion d'information sur les éoliennes
dans le Cantal, les lieux d'implantation prévus, leur efficacité
et leur impact paysager.
Plus de 70 personnes se sont rassemblées au gymnase de Besserette,
certaines venues de Lozère, de Haute-Loire (et plus spécialement
d'Ally, le plus grand parc éolien de France...) et du proche
Carladez aveyronnais où un vaste projet d'implantation est à
l'étude.
Cette réunion était organisée par l'association
Vents des volcans à l'invitation de Cantal Patrimoine qui a son
siège à Saint-Flour. C'est la
première réunion de ce genre et sur ce thème, dans
un secteur qui devrait recevoir, à terme, quelque cinquante éoliennes
selon les organisateurs.
Écologiques ?
Le conférencier, Michel de Barrau, vice-président de Vents
des volcans, a présenté une série d'informations
chiffrées sur l'énergie éolienne, mettant en avant
sa propreté, certes, mais aussi des éléments qui
selon lui " jettent un soupçon sur sa réelle dimension
écologique ".
" En premier lieu, l'intermittence de la production (l'éolien
ne produit plus rien quand le vent cesse de souffler...) qui implique
l'intervention de centrales électriques utilisant les énergies
fossiles, celles-là même qui contribuent au fameux effet
de serre... Ainsi, le développement éolien, en France,
risque bien d'augmenter la production de ces gaz nocifs ".
Le conférencier n'a pas insisté sur la dimension esthétique
du problème, renvoyant la question à " la subjectivité
du goût de chacun ", mais selon lui, " le gigantisme
des éoliennes est particulièrement visible dans les paysages
montagneux, les éoliennes écrasant littéralement
le relief. Dans un pays touristique comme le nôtre, on peut en
effet se demander si les éoliennes sont une "bonne affaire".
Les Allemands, qui commencent à se lasser de leurs 20.000 éoliennes,
viendront-ils dans le Cantal pour voir ce qu'ils ne voient que trop
chez eux ?.
Intérêt général
Autre question qu'il a abordée lors de la réunion : "
Ne faudrait-il pas réfléchir à l'intérêt
général, à l'échelle du département,
au lieu de ne
voir que l'intérêt financier d'une commune (ou d'une Communauté
de communes) ? ".
Michel de Barrau s'est d'ailleurs étonné " du choix
du premier site éolien du Cantal, le col de la.Fageole à
Coren, sur l'autoroute A75, la porte d'entrée du pays de Saint-Flour,
lequel a été classé récemment Pays d'Art
et d'Histoire. Ainsi, la première image forte que les touristes
et voyageurs recevront de notre département ne sera pas la beauté
sauvage de ses paysages, ses vertes vallées et ses montagnes,
mais celle de ces immenses tubes d'acier blanc. Une vitrine touristique
pour le moins contestable ".