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1) Généralités
Le bruit causé par les éoliennes est un élément
important de lacceptation, ou du refus, de ces machines par les
populations avoisinantes. Il devrait donc être traité par
des estimations, avec un soin tout particulier, lors des enquêtes
publiques; puis vérifié, après mise en route des
machines, par des mesures sur le terrain. Certains membres de notre association
ont eu dans leur carrière au service de la Marine Nationale lexpérience
concrète des problèmes acoustiques, quelquefois sur des
périodes assez longues ; cette expérience a été
utilisée dans la rédaction de la présente fiche.
2) Aspects réglementaires actuels
La réglementation limite actuellement les émergences à
3 dBA la nuit et 5 dBA le jour. Elle présente une lacune, car le
bruit des éoliennes se présente sensiblement comme un bruit
blanc dorigine aérodynamique, modulé à la fréquence
de passage des pales devant le fut des machines, voisine de 1,5 hertz,
et auquel se superposent des raies sonores (fréquence dengrènement
des réducteurs, nombre dencoches des machines électriques
etc
) variables suivant le type des machines. Le bruit émis
est donc, principalement, un bruit impulsionnel de durée égale
à environ 0,1 seconde, se répétant environ toutes
les 0,7 seconde.
La réglementation actuelle semble avoir été bâtie
pour tenir compte, suivant un critère très simple, de la
sensibilité moyenne de loreille, en se fondant sur la présence
dun bruit continu. Elle est inadaptée, car elle ne tient
aucun compte, ni des caractéristiques du bruit dominant généré
par les éoliennes, ni de la sensibilité particulière
des humains aux bruits ayant cette caractéristique. Ceci revient
à appliquer à un bruit semblable à celui des coups
de marteau donnés par un forgeron sur son enclume, une règle
adaptée au bruit continu généré par un moteur
par exemple !
La réglementation devrait être modifiée , en prescrivant
des niveaux par octave, tiers doctave et, si possible, dans les
zones sensibles du spectre, une recherche des raies et estimation de leur
écart avec le niveau de bande.
Par ailleurs, le « Guide de létude dimpact sur
lenvironnement des parcs éoliens » édité
par lADEME, contient des erreurs flagrantes et importantes dans
les pages consacrées aux nuisances sonores. Il est urgent que ce
document, qui se veut de référence, fasse lobjet dune
correction sur ce point.
3) Prévisions de niveaux de bruits dans les études dimpact
jointes au dossier denquête publique
La démarche suivie dans les études dimpact est, généralement
:
-de procéder à des mesures de niveaux du bruit naturel,
pour diverses vitesseset orientations de vent dans les lieux supposés
critiques,
-de déterminer par un modèle les bruits créés
par les éoliennes et, de mettre enévidence les émergences
prévues. Si la détermination du niveau sonore en espace
libre et à grande distance ( en nombre de longueurs dondes
) ne pose pas de difficultés, la création dun modèle
de bruit rayonné par une éolienne est délicate car
on se trouve près du sol et en zone proche. De nombreuses hypothèses
doivent être faites dont les suivantes :
A partir du bruit global relevé par le constructeur en champ
lointain, comment répartir la puissance de bruit le long des pales
( pour le bruit dû à lécoulement de lair).
Les zones critiques se trouvent toujours en champ proche, dans
la première zone de Fresnel (dont le rayon, pour la fréquence
de 100 Hz par exemple, est denviron 2 kilomètres); quel niveau
donner et comment répartir la puissance des composantes du champ
sonore qui décroissent en R-3 ?
Quelles hypothèses retenir pour rendre compte des réflexions
du bruit sur le sol, les obstacles ; même question pour représenter
les phénomènes de diffraction autour des obstacles ?
Comment définir le couplage entre le bruit aérodynamique
et le fût afin de déterminer le niveau de bruit impulsionnel
évoqué au paragraphe 2 et comment en répartir la
puissance ? Il semble bien que cet aspect essentiel soit complètement
occulté par les différents modèles disponibles sur
le marché. Il existe donc une variété étendue
de modèles qui, à lévidence, donneront tous
des résultats différents. La précision des prévisions
faites est toute relative : elle nest certainement pas meilleure
que 3 décibels. De plus, aucun logiciel de prévision na
fait lobjet dune confrontation réel - modèle.
Pour exemple, le logiciel « Windpro » (se reporter au site
internet http://www.emd.dk/WindPRO/Modules) utilisé par de nombreux
pétitionnaires comprend un module « Décibel »
pour les prévisions de niveau sonore, lequel inclut cinq modèles
de calcul entre lesquels lutilisateur a le choix. Il est évident
quil choisira dutiliser celui qui lui donnera les résultats
les plus favorables.
Or - ce point est confirmé par des représentants de notre
association qui sont membres des Commissions Départementales des
Sites - les personnels des DDE qui instruisent et présentent les
dossiers devant les Commissions, sont parfaitement ignorants de cette
possibilité, tout comme ils ignorent létendue de limprécision
des prévisions faites. Au motif que les prévisions sont
fournies avec 3 décimales, ils estiment que les niveaux prévus
ont la précision de cette troisième décimale et se
comportent en conséquence.
De plus, il apparaît que les mesures du bruit naturel des sites
pouvant donner lieu à dépassement du niveau démergence
contiennent des erreurs et anomalies flagrantes et évidentes sans
que les DDE - par manque de connaissance en ce domaine les remarquent
et en demandent la correction.
Les prévisions démergence qui en découlent
sont, dans ces conditions, parfaitement inadaptées. Il nest
alors pas étonnant que, après réalisation des projets,
la question de la gêne sonore occasionnée aux riverains achoppe,
alors que selon létude dimpact aucune difficulté
nétait prévue.
4) Propositions
Nous constatons quactuellement les dossiers denquête,
sont soit vides sur le sujet, soit comportent des éléments
trompeurs et insuffisants.
La prédiction de niveau sonore serait facilitée si les machines
faisaient lobjet, par ladministration, dune classification
par type, après essais dune machine type, comportant des
mesures codifiées de la puissance sonore des machines, des analyses
de sûreté des machines, toutes dispositions que nous réclamons
depuis la sortie du rapport du conseil général des Mines
de 2004. Cette mesure de puissance sonore des machines permettrait une
prédiction facile de ce qui se passera sur le terrain. Elle semble
longue de mise en uvre.
Le minimum qui puisse être fait en la matière est que ladministration
:
-constatant la variété de modèles prévisionnels
laissés au libre choix des porteurs de projet ,
-constatant que les marges dincertitude qui en découlent
ont une amplitude dumême niveau que les seuils démergence
tolérés,
retienne un seul et unique modèle mathématique - celui qui
lui semblera le plus adéquat - après quil ait fait
lobjet dune confrontation entre les prévisions et la
réalité par ses soins, et que lutilisation de cet
unique modèle soit obligatoire dans les études dimpact.
Nous réclamons donc lélaboration, ou le choix, sous
la responsabilité de ladministration, dun logiciel
de prévision de niveau sonore, dont lutilisation serait obligatoire
dans les enquêtes publiques, ainsi que la réalisation de
mesures de contrôle sur le terrain, avant autorisation dexploiter.
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